Multiplication des vols sur les chantiers : Que faire ?

De plus en plus récurrents et attestant d’une hausse significative l’été, les vols sur chantiers coûtent de 11 000€ à 15 000€ par an en moyenne à une entreprise bâtisseuse, et plus d’1Md€ annuellement à tout le secteur du BTP.

La période estivale arrive à grand pas et emmène avec elle, se faufilant dans la brèche, une des menaces les plus redoutées par les constructeurs et les professionnels du bâtiment : les vols. A en juger la plus récente étude sur le sujet, publiée par la FFB ( Fédération Française du Bâtiment) en mars 2018, 65 % des entreprises du BTP déploreraient en moyenne 3 vols importants (engins, véhicules, gros matériel tels que compresseurs ou groupes électrogènes, équipement technique de pose ou déjà posé,…) sur chantier chaque année, et de 1 à 2 larcins par mois pour le petit outillage (outils, bétonnière, marteau-piqueur, moteur…). 58 % des cas recensés porteraient, en effet plus amplement, sur des vols simples. « La quasi-totalité des départements français sont touchés, tous les métiers concernés, les entreprises de toutes tailles sont visées, constate la Fédération Française du Bâtiment, avant de rajouter que : « beaucoup d’entrepreneurs sont également confrontés aux menaces verbales, trop souvent suivies de dégradations et incendies volontaires de véhicules ou d’engins de chantier, quand ce n’est pas des menaces physiques. On dénote également des tentatives plus ponctuelles et géographiquement ciblées de rackets et de chantages à l’embauche fictive ».

Le véritable coût des vols sur chantier

Un phénomène de fauche en pleine augmentation pas toujours bien couvert par les garanties d’assurance, qui peuvent se révéler insuffisantes et limitatives en fonction de la fréquence des préjudices et du contrat de protection souscrit. Selon la FFB, la perte sèche pour les entreprises du BTP avoisinerait en moyenne entre 11 000€ et 15 000€ par an. En totalité, « le coût de ces vols et autres actes délictueux sur les chantiers est globalement évalué par la Fédération, au minimum à 1 % du chiffre d’affaires du secteur. Soit plus d’un milliard d’euros » s’attriste la structure.

A titre indicatif, prenons l’exemple d’un vol de câble de grue :

  • Coût de remplacement du matériel et de ses accessoires : 6 000€
  • 2 jours d’arrêt de chantiers, soit 10 salariés mis en chômage technique temporaire : 8 000€
  • Remise en fonctionnement de la grue par un organisme agréé : 1 000€
  • Pénalités de retard par rapport au planning d’exécution : En fonction du contrat

Soit en définitive, pour un vol de câble de grue apparaissant au demeurant sans grande conséquence, une note salée minimale de…15 000€.

Le programme de prévention « Ras le Vol » déployé par la FFB

Les larcins se multipliant férocement sur les chantiers au cours de l’été, la Fédération Française du Bâtiment a décidé de passer à l’action en signant un protocole d’accord avec le ministère de l’Intérieur en 2008 (renouvelé en 2012), puis plus récemment en déployant le programme national de prévention « Ras le Vol » (guides, clés, pistes, conférences…) pour accompagner les entrepreneurs et les inciter à plus efficacement se protéger. Elle identifie à ce propos quatre principes de base à respecter pour se prémunir, selon elle, à minima :

  • FIXER des règles : en « marquant » clairement le territoire du chantier dans lequel se trouve toute « cible » potentielle, c’est la dissuasion. Une vraie clôture répond à ce principe, de même qu’un affichage dissuasif (chantier interdit, surveillé….).
  • DIMINUER le gain espéré : en réduisant sur le chantier le temps de présence des « cibles » convoitées, en soulignant la propriété des « cibles » sensibles, en réduisant les possibilités de recel en les personnalisant, en les marquant, les identifiant et en les « traçant » (géolocalisation par exemple).
  • DIMINUER la facilité d’exécution : en augmentant le nombre et la nature des « barrières » physiques et électroniques entre le délinquant et sa « cible », ce qui a pour conséquence d’augmenter le temps et l’effort qu’il devra fournir pour mener son action.
  • RÉDUIRE le sentiment d’impunité : en alertant l’intrus qu’il a été détecté et qu’une action est engagée à son encontre. En augmentant les risques pris par le délinquant par la mise en place d’une surveillance humaine et/ou électronique permettant une identification des intrus.

Sûreté privée et géolocalisation

Pour palier à ce fléau de plus en plus récurrent du vol sur chantier, les professionnels du BTP n’hésitent plus à casser leur tirelire en s’adjoignant les services d’une entreprise de sécurité privée (gardiennage, tenues régulières de ronde,…), ou en se dotant de moyens électroniques tels que des caméras ou des capteurs d’intrusion pour protéger les programmes de construction sur lesquels ils œuvrent.

Le marquage et l’identification numériques des outils et des engins peuvent également constituer une habile façon de se prémunir. « La traçabilité d’un parc de matériel et d’outillage, couplé à la géolocalisation du gros matériel, des engins et des véhicules, sont des solutions préventives qui peuvent être mises en place rapidement sur une plateforme web sécurisée. Les données sur le matériel et sa localisation s’affichent en temps réel sur une carte. Les tags RFID (radio-identification. Ndlr.) pour l’outillage et les trackers IoT (Internet des objets) pour les machines, engins et véhicules, permettent de suivre un parc de matériel et de le gérer de façon optimale sur les terminaux mobiles, tablettes et smartphones. De plus, le coût de déploiement d’une solution de traçabilité et de géolocalisation coûte bien moins cher que les pertes sèches enregistrées à cause des vols lors d’une année » explique la société TOOLTRACK, spécialiste de la question.

En quoi l’application mobile Lanes peut-elle vous aider ?

De son côté, l’application mobile Lanes, le journal de chantier numérique peut judicieusement vous accompagner sur les tenants et aboutissements logistiques d’un vol que vous subiriez sur votre chantier. En vous permettant de conserver sur votre timeline de chantier une trace datée et très claire :

  • Des jours où sont intervenus les larcins.
  • Des engins et outils qu’ils ont concernés.
  • Des irrégularités constatées sur place en cas d’effraction et dégradations (photos).
  • Des déclarations enregistrées auprès des entreprises mères, des forces de l’ordre et des organismes d’assurance.
  • Des difficultés opérationnelles rencontrées ensuite.
  • Des remplacements de matériel afin de palier les pertes.