Les drones, atout de taille dans le secteur du bâtiment

Prise de photos aériennes, intégration 3D, suivi de chantier ou de volume de carrière, inspections diverses de bâtiments… Les cas d’usage d’utilisation de drones dans l’univers de la construction se multiplient.

Le marché mondial des drones professionnels ne cesse de connaître un essor fulgurant. Évalué à 1,38Md$ en 2015, ce dernier serait attendu pour évoluer à 5,59Mds$ en 2020, soit une progression phénoménale de 304,26 %. En France, leur chiffre d’affaires avoisinerait les 250M€.

Si ces petits objets volants connectés sont parvenus à s’imposer aussi notablement au fil de ces dernières années c’est car, au-delà de leur extrême maniabilité une fois l’apprentissage de leur pilotage effectué, ils permettent d’accéder par voie aérienne à des zones autrefois difficiles d’accès mais non moins stratégiques pour l’homme. La possibilité de les équiper et de les doter d’instruments de mesure et de capteurs divers ouvre par ailleurs leurs fonctions à de multiples applications avantageuses pour de nombreux secteurs professionnels.

L’utilisation de drones, très appréciée dans l’univers de la construction

Loin de se révéler à la dérive dans ce monde féru de gadgets lévitants, l’univers de la construction a très rapidement identifié à quelles utilisations pertinentes et fructueuses il pourrait assigner les drones pour l’appuyer et le seconder dans ses tâches de bâtisseur. Six cas d’usage se distinguent aujourd’hui couramment dans l’Hexagone.

L’intégration 3D

Les architectes n’hésitent désormais plus à recourir aux drones en amont d’un projet de construction afin d’insérer au sein de clichés aériens (ou de matrices 3D enregistrées par photogrammétrie) leurs modélisation 3D, vérifier que leurs perspectives concordent et les délivrer à toutes les forces impliquées au sein d’un programme, notamment les donneurs d’ordre.

Une fois le projet achevé, l’aéronef permet tout aussi bien de capturer des photos aériennes des bâtiments sortis de terre afin d’en conserver une trace.

Le suivi de chantier

« Le drone est l’outil idéal pour effectuer du suivi de chantier, explique EscaDrone, entreprise tricolore spécialiste de l’utilisation de drones professionnels par secteurs. Rapidité de mise en œuvre, coût réduit par rapport à des photos aériennes traditionnelles, il est équipé d’un GPS qui lui permet de revenir prendre une photo depuis le même point de vue, chaque semaine par exemple », poursuit la jeune pousse créée en 2014. Il est ainsi aisé de saisir par aéronef des prises de vues rapprochées et en qualité optimale puisqu’elles figurent majoritairement en très haute définition. Il devient ensuite possible d’agglomérer tous les clichés effectués, de les classer, de les géo-référencer avec exactitude et de pratiquer des mesures.

« A San Francisco, la start-up Skycatch propose à ses clients de piloter ses drones par le biais de son site internet ou d’une application smartphone. On peut ainsi effectuer soi-même son suivi de chantier en cliquant sur une carte. Le drone se rend sur place, prend des photos, puis rentre tout seul chez lui. Les photos sont ensuite disponibles sur le site de Skycatch », apprend EscaDrone.

 Le suivi de volumes de carrières

Supportant des actions plus complexes mais à l’intérêt affirmé pour le monde du BTP, un drone démontre également l’atout qu’il constitue sur d’autres zones de travaux ou de stockage telles que les carrières. Il lui est ainsi possible d’analyser leur évolution en quadrillant un secteur lors de diverses rondes réalisées dans le but de capturer plusieurs photos à intervalles réguliers. « Ces images sont ensuite assemblées dans un logiciel de photogrammétrie qui permet de reconstituer le terrain en 3D, de générer des modèles numériques de terrain et de calculer le volume des stocks de granulats. Une basse altitude de vol alliée à une caméra HD de 20 millions de pixels donnent une précision d’environ 3cm/pixel, et le GPS permet de géo-référencer le modèle généré. La procédure est moins complexe, plus rapide, et donc moins chère qu’en prenant des mesures au sol par tachéomètre. Elle s’en retrouve extrêmement simplifiée par la planification des missions grâce à la station de contrôle et le vol en autonomie de l’aéronef », vante EscaDrone.

L’inspection de bâtiment

A l’image d’un suivi de chantier ou de volume de carrière, un drone peut également facilement inspecter un bâtiment en se faufilant habilement. « A la piscine Aquasud de l’agglomération d’Agen, l’inspection des soudures d’un bâtiment à armature métallique n’a nécessité que 5h et coûté 5 000€, contre 40h et 25 000€ pour le même travail effectué par une nacelle qui doit se déplacer avec difficulté autour du bâtiment », se souvient Escadrone.

L’inspection de pylône haute tension

Dans la même veine, un aéronef est capable d’explorer et vérifier des pylônes haute tension. « Activité pour laquelle il est très adapté. Même s’il lui manque l’autonomie d’un hélicoptère grandeur nature, sa capacité à voler très proche des pylônes permet une inspection détaillée, à un coût bien moindre », reconnaît la start-up experte en drones professionnels.

La cartographie par orthophotographie

La technique encore peu connue dite de l’orthophotographie offre la faculté de concevoir des plans géo-référencés et extrêmement précis d’une zone avec additifs d’objets et d’éléments, à l’instar d’une carte traditionnelle moins détaillée. « Pour y recourir, le drone se démarque à nouveau par sa possibilité de voler à basse altitude, sa rapidité de déploiement, la précision du GPS intégré, sa caméra HD parfaitement stabilisée, le risque d’accident réduit, l’accès à des endroits contaminés, mais surtout, par son prix », conclue EscaDrone.