Chantiers : Gants et chaussures gagnent en innovation

Qu’ils soient tactiles, numériques ou ingénieusement connectés, les équipements de protection que sont les gants et les chaussures de chantier évoluent pour conférer plus de protection et de productivité aux ouvriers qui les portent.

Tactiles ou numériques, les gants de chantier se modernisent

Équipement réglementaire obligatoire pour les ouvriers et agents turbinant sur les chantiers, les gants de protection sont un pré-requis indispensable pour garantir la sécurité lors d’actions éprouvantes pouvant conduire à une certaine dangerosité. A l’heure du quasi tout numérique et du développement conséquent de l’internet des objets, les fabricants s’attachent à optimiser leurs produits afin de leur conférer plus d’attractivité, de confort et de qualité, mais également pour les faire concorder aux technologies et attentes actuelles.

Ainsi, certains gants – comme ceux commercialisés par les marques Portwest ou Rostaing – permettent aujourd’hui de préserver le travailleur de blessures tels que des ampoules ou des coupures tout en lui laissant la possibilité d’utiliser dextrement en simultané, et sans s’en départir, des appareils digitaux (smartphone, tablette, écrans divers…). « Nous avons créé un concept innovant et éprouvé sur le marché. Ces gants conviennent à la majorité des applications terrain aussi bien dans les domaines de l’industrie, du bâtiment que de la logistique ou bien l’alimentaire. Notre sélection se compose de quatre modèles aux applications différentes : FEELPRO pour les opérations de manutention et de montage avec une excellente résistance à l’abrasion, CANADA pour les opérations de manutention aussi bien en milieu froid que chaud avec une compatibilité aux produits alimentaires, FIT4PROTOUCH pour les manipulations de pièces coupantes et opérations de montage avec une protection électrostatique et BLACKTACTILTOUCH pour les manipulations de pièces très coupantes et opérations de montage avec un coloris peu salissant », explique l’entreprise française Rostaing.

En attente de déploiement international après une troisième levée de fonds réussie au mois de septembre 2019 (40M€ auprès de Summit Partners), la start-up germanique ProGlove a vu plus loin en œuvrant depuis plusieurs années à l’amélioration et l’enrichissement de ses gants connectés Smart Gloves. S’enjoignant la collaboration du géant américain Intel, spécialiste de la fabrication de semi-conducteurs et micro-processeurs, afin d’incorporer une puce RFID (Radio Frequency Identification) à un bracelet connecté, la jeune pousse a doté ses gants connectés de la capacité de faciliter les mouvements de picking en scannant directement les outils et en vibrant/émettant un signal lumineux (vert ou rouge) en cas de saisie d’une pièce impropre à la tache objectée par son utilisateur. Désireuse de prodiguer à son produit encore davantage d’innovation, ProGlove entend miser sur des solutions software afin que ses gants puissent à l’avenir reposer sur un environnement cloud et enregistrent des informations telles que le nombre de pas effectués ou de multiples données relatives au scanner comme sa durée d’activation. La faculté de prendre des photos devrait également être ajoutée dans un futur très proche. « Nous avons commercialisé 450 000 unités de gants connectés en 2019 et nous estimons la demande annuelle sur le marché français à 635 000 unités en 2027 », énonce dans le Journal du Net Axel Schmidt, senior communications manager chez ProGlove.

Des chaussures connectées qui détectent les chutes et les dangers

Émanant de la marque Parade, elle-même filiale du groupe tricolore Eram, la start-up Izome frappe fort en arrivant sur le marché avec des chaussures connectées parfaitement adaptées au monde de la construction. Destinées aux professionnels officiant en collaboration sur les chantiers ou de façon indépendante, ces sandales du futur alertent leurs porteurs en cas de chute de ce dernier ou de pénétration en zone dangereuse et risquée (geofencing).

Équipées de capteurs (technologie développée avec le français Nov’in), elles identifient en cas de glissement ou d’effondrement la perte de verticalité et l’absence de mouvements. Un message d’avertissement est alors directement envoyé à un numéro prédéfini via le réseau de téléphonie mobile GSM ou par LoRa, un réseau sans fil bas débit. L’utilisateur est ensuite informé de la transmission de l’alerte par vibration dans ses pieds.

Dotées d’une technologie GPS afin de pouvoir localiser son porteur, les chaussures connectées surfent sur ce même procédé ainsi que sur du UWB (Ultra Wideband – technique de modulation radio) pour détecter l’entrée dans toute zone exposant à des menaces.

Izome confie, honnête, que si la durée de vie de ses chaussures connectées est estimée à une douzaine de mois, le boîtier électronique intégré se révèle, lui, moins obsolète avec une perspective de longévité de 10 ans. Il est ainsi aisé de le récupérer dans une paire afin de l’implémenter dans une autre.